A la suite de la censure du blog de Philippe Charpentier, un des blogs les plus riches de la planète blogosphère avec ce franc parlé qui lui est propre et qui déroute un peu nos travers latins, je remets en ligne cet article déjà ancien mais tellement d'actualité aujourd'hui.
Soutien à Philippe, même s'il a l'habitude de mener seul et au jour le jour un combat. L'Art est un combat permanant et il se passerait bien que certains en rajoute, parce qu'il ne sont pas capable de prendre la vérité en pleine gueule!
C'est bien une réalité, un des principes fondamentaux de notre démocratie, la liberté d'expression est entrain d'être bafouée sur notre vieux continent. C'est vrai comme le déclare Soraya Hamidi, qu'il suffit de regarder ce qui se passe en amérique pour connaître à quelle sauce vont être mangés nos artistes contemporains. En 2000, à Bordeaux, la censure s'est faite plus insidieuse. En effet, bien qu'installée dans une institution municipale, le CAPC (Centre d'arts plastiques contemporain), la mairie a refusé tout soutien à l'exposition Présumés innocents sur le thème de l'enfance. Pas d'affichage public, disparition du nom du maire (Alain Juppé) sur les cartons d'invitation, aucun représentant de la municipalité au vernissage. Le tout, doublé de la plainte d'une association qui, au regard du seul catalogue, considéra que les oeuvres présentées étaient une « atteinte à la dignité humaine ». En fin d'année 2005 en Grande-Bretagne, la galerie Bettie Morton de Brixton prépare l'exposition, Fall/Uprising [Descente/Montée], qui se compose de sept nouvelles peintures de l'artiste peintre Kimathi Donkor. Ces oeuvres marquent le vingtième anniversaire des émeutes de Brixton et de Tottenham, deux quartiers de Londres. Cette galerie a subit une pression policière pour faire retirer ces toiles, prétextant une plainte du voisinage. Une affaire similaire à Paris où un jeune artiste Vincent Epplay qui diffusait à l'intérieur d'une automobile garée devant l'épicerie la vidéo « Christine » composée de longs monochromes ponctués par de brèves apparitions d'une strip-teaseuse. La Brigade anticriminelle est intervenue sur simple requête d'un habitant du quartier, la vidéo, le matériel et l'automobile sont saisis et mis sous scellés, le responsable de la petite l'épicerie interpellé sous le chef d'inculpation « diffusion sur la voie publique d'images contraires à la décence ».
L'œuvre, qu'elle mette en action des images, des mots, des bruitages, reste de l'ordre de la représentation et impose une certaine distance pour le soustraire de cette confrontation à la réalité. Cela ne signifie pas que l'artiste ne doit pas être responsable, c'est la critique qui doit donner un avis, et non l'ordre public avec toutes ces dérives possibles. Aujourd'hui un seul habitant d'un quartier à le pouvoir de saisir le harpon du Dieu de la mer pour « embrocher le cul » des non-conformistes, des détracteurs de "la déchéance de notre culture", les faire incarcérer pour diffusion d'idées contraire à la leur. Il devient ainsi le garant de la moralité de notre société, imbu d'un nouveau pouvoir, comme l'histoire est capable de nous donner de nombreux exemples. La liberté de penser et d'expression, idée phare de la philosophie des Lumières, couchée sur notre Déclaration des droits de l'homme et du citoyen de 1789, constitue de nos jours un principe universel.
Exister c'est communiquer
Alors pourquoi est-on sur la pente descendante ? Un régime où toute différence, tout écart, « toute rugosité », s'exposeront au risque permanent de la répression populaire, celle de citoyens zélés, avec l'appui empressé et aveugle de la force public avec ses bras armés. N'est ce pas aussi le signe d'une société qui a perdu ses repères ? En attendant de nombreux artistes vont subir cette pression, s'autocensurer avant d'être censurés. Notre société à la recherche du politiquement correcte du socialement correcte. Vive l'Art décoratif du XXIème siècle !
Bettina Rheims - la
nativité
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Nos informateurs infiltrés dans les hautes sphères de l'Etat viennent de nous communiquer par transmission sattelitaire des informations de la plus haute importance que je vous
communique (sous le coude).
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