"Et te voilà du coup plus impatient qu’un enfant devant la porte entrouverte de la fête.
Mille projets,
hier encore inconcevables,
assaillent ton esprit.
Tu songes maintenant à me brûler des tailles de rosiers,
rêvant d’un émail en fleur,
ou les sarments de vigne en cette année de si bon vin…
Ton invention s’emballe et déborde le cadre du possible.
Tu voudrais abattre un chêne à chacun des douze mois de l’an pour nuancer l’éclat de douze poteries encore jamais vues;
trier les feuilles de l’automne selon leurs couleurs,
la flamme de l’érable de la braise du merisier.
Et tu me demande : « La cendre des roseaux,
ne fera t’elle pas tourbillonner la rivière dans une coupe? Me tourneras-tu de larges vasques pour que le géméon y déverse les profondeurs de la mer? »
Et puisque la cendre est dite fin de tout,
pourquoi de chaque cendre ne point tout recommencer ?"
"par l'eau et le feu" -
Daniel de Montmollin - Frère de Taizé