A la recherche de la spontanéité ancestrale quand ils traçaient des signes sur les parois des grottes. En 1948, avec le surréaliste André Breton et le peintre Michel Tapié, Dubuffet fonde la Compagnie de l’art brut, qui regroupe les œuvres de « marginaux ». Le monde de l’Art s’ouvre aux enfants et aux déclassés de la société... "Tout le monde est peintre. Peindre, c’est comme parler ou marcher. C’est à l’être humain aussi naturel de crayonner, sur n’importe quelle surface qui s’offre à sa main, de barbouiller quelques images, que ce l’est de parler", déclare Dubuffet.
Le contact est brutal parfois, au bord d’une départementale, dans la cour d’une ferme, au fond d’une cuisine, dans l’anti-chambre de la création qui n’est autre que le quotidien de l’homme. Il est là, l’ouvrier, le paysan, le marginal, celui qui cherche à évacuer son mal-être, à faire sortir la souffrance de son corps, à la canaliser pour peut-être arriver à la sublimer par la création. Son oeuvre, est là aussi, devant nous, personnelle, avec ses codes, qui jaillissent de l’intériorité de chaque individu.
C’est un message, c’est un dialogue avec l’esprit, le notre et celui du chaman des peuples primitifs, Jean-Joseph Sanfourche trace des signes et peint sur les os et les crânes humains comme …pour exorciser ce mal profond et l'incontournable destin.
Dubuffet définie les « règles » de la création singulière, de la création franche, de l’Art des fous, de l’Art brut, de l’Art outsider. Autant d’appellations, autant de différences.L'histoire nous dira qu'il ne se les appliquera pas, il n'est pas des leurs, mais il veut être le chef de file!
Dubuffet se trompe, on ne peut enfermer l’Art brut dans un carcan, dans une simple définition. L’Art brut c’est la thérapie de l’homme, le dialogue avec lui-même. L'Art brut prend un autre sens quand le public l’aborde, et c'est la voie que choisi "le peintre Dubuffet".
On est loin des Arts décoratifs, de la peinture pseudo naïve du Douanier Rousseau, des coupages entre arts primitifs/ arts des cités (Taillandier et les d’autres), qui revendiquent pourtant la même origine. Ces peintures se ressemblent toutes, sans profondeur, sans émotion, de vrais/faux tableaux, des vrais/faux artistes.
Proche de la création instinctive de l’enfance, de l’énergie des sculpteurs africains ou polynésiens, aussi riche que l’Art esquimaux (révélé par Breton et Ajalbert), Forestier, Ratier, Wölfli, Aloïse, le facteur cheval, Picassiette, Pierre Avezard, Tatin, Vidal, Genty, etc…autant d’artistes sincères, travaillant sans concession, sans technique, loin des canons artistiques, des valeurs académiques loin des règles de nos sociétés conservatrices, loin de nos préjugés.
L’Art Brut n’est pas fait pour nous, les « normaux » et pourtant il nous attire, nous fait réagir. La raison est simple comme la simplicité de l’œuvre et sa substance profonde.
Alain Sanfourche - Huile sur toile - Détail