Fernand Maillaud - huile sur toile marouflé sur carton
32cm X 24cm (collection particulière)
Les vaches sont blanches, éparpillées et toujours mobiles.
Des joyaux jetés en pâture, au hasard, dans cette petite vallée discrète que l’on croit oubliées, jetés comme des touches d’ivoire dans cette partition végétale, à l’heure du thé….et diffuse une sonate de Chopin.
La vallée noire et ses vaches blanches des tableaux de Louis Jourdan, ces fermettes atypiques peintes par Fernand Maillaud.
Terre des hommes de Verneuil où serpente « l’igneraie »
et « le Ripoton ».
Charme discret au coin d’une haie,
D’une « longère » presque appuyée sur un chêne centenaire taillé en têtard pour les besoins des hommes.
La « bouchure » dominée par le frêne, et cloisonnée presque hermétiquement par l’aubépine abrite un univers tellement secret.
Des chemins en creux, des fossés profonds desséchés en été, gorgés d’eau en hiver.
Terre grisâtre des marais oubliés, des étangs poissonneux,
Terre immaculée sous un épais brouillard en hiver, couverture protectrice et oppressante parfois.
Austérité et charme absolu de cette vallée du romantisme,
Couleurs automnales,
Cloisonnement végétal,
Mur d’ombrage et de ouate, fige ce pays dans l’intemporel.
Pays des hommes de terre, des pots, des soupières, et des saloirs.
Pays ou les pots s’alignaient par centaines, au séchage, avant l’enfournement.
Terre du « moulin d’Angibault »,
du « Champi »,
Du château de St Chartier, du village de Nohant,
Terre de Neuvy-St-Sépulcre et de Verneuil-sur-Igneraie.
La petite chapelle de Vic que l’homme a caressé de ses mains pour y déposer le pigment en camaïeu d’ocre et de terre.
La lumière illumine les pots à lait, les bouteilles, les pichets,
Transcende l’émail de cendre austère aussi.
Laisse apparaître une note d’incertitude sur la profondeur du glacis
Une coulée du four qui pleure,
Cristallisation en larme de sel bleutée.
Ces pots se font fusain de « bouchure »,
Fusain de Michel Lepareur.
Un pays délimité comme une feuille de papier.
T. Bucquoy