Les empaillés du musée du Périgord à Périgueux
Déambulation pittoresque dans les travées de ce vieux musée
Regards toujours moins émerveillés par les objets admirés jadis
Magie de l'enfance et des rêves disproportionnés
Magie de la découverte et de se dire que c'est aussi à notre portée
Le vieux musée a perdu un peu de lui même
De ce cabinet des curiosités qu'il était
Il s'éteint doucement emportant avec lui des objets de plus en plus défraîchis, délicats du passé de sociétés spécialisées.
Abandonné au recoin du cloître un bloc aurignacien victime des traces de notre pollution
Des pierres sculptées de toutes époques stockées en empilement pour faire la place et le passage des visiteurs égarés.
Les riches collections gallo-romaines ont disparu vers un autre musée après que d'autres pièces majeurs aient été volées
Laissant des salles abandonnées, oubliées des conservateurs et des volontés politiques
Peut-on encore considérer que la culture est un moyen porteur pour l'image de nos élus?
En guise de réponse,la volonté n'y est plus, s'est envolée comme les couleurs des ailes des papillons
Où les plumes des oiseaux de paradis
Heureux donateurs qui par le passé se sont enorgueillis de transmettre une vie de recherche au musée
De savoir que la politique première d'un conservateur c'est de conserver
De voir qu'en 100 ans ce musée n'est que l'image d'une société de savants du siècle dernier
Avec son charme et ces odeurs caractéristiques certes,
Mais sans tenir compte du présent et de l'attente d'aujourd'hui.
Au musée du Périgord, je ne suis plus surpris
Ce vieux musée pour me rappeler que je vieillis aussi et qu'on attend autre chose des objets et surtout des hommes
"Qui se souvient des hommes?" ce titre d'un ouvrage de Jean Raspail est une véritable interrogation pour notre humanité et est aussi un appel au devoir de mémoire et de conservation de ce patrimoine collecté.
Je commence a être agacé par ce laxisme, ce manque de volonté.
D'autres pays ont su s'assoir sur leur histoire pour avoir des bases solides. Il ne suffit pas de détenir un peu du berceau de l'humanité pour se satisfaire et ne rien faire.
Allez, Madame la conservatrice, priez dans "la chapelle sixtine de la préhistoire" pour vous convaincre que çà mérite bien quelques gouttes de sueur!
On peut encore réver!