Louise Bourgeois - "three horizontals" - 1998 - DARAS collection.
Voir sans voir .
Cheminement nocturne à travers les relevés bathymétriques, les courbes de niveaux - divagation - translation - ondulation des lignes parallèles ou croisées - mains tendues entre 2 points de part et d’autre de l'atlantique (sa naissance en France et sa vie outre-atlantique) - fil d'ariane - fil de La Grande Louise - sulfureuse et secrète, excentricité et pudeur à la fois.
La Grande Louise nous étonne encore avec sa publication sous le titre "the insomnia drawings" qui a coïncidé avec l'expo de la Tate Modern de Londres en 2000 avec 220 oeuvres exposées dont la totalité des dessins réalisés entre novembre 1994 et juin 1995.
Oeuvre remarquable qui nous conduit dans les pensées et illusions nocturnes de cette vieille, très vieille femme.
Louise à 94 ans et sa plus fidèle compagne est l'insomnie.
Il aura fallu attendre 40 années pour qu'elle décide de mettre sur le papier toutes ses pensées, tous ses souvenirs de cette état presque libérateur pour elle.
Son travail est comme la trame d'un métier à tisser, comme la toile de l'araignée (du musée d'Art Moderne de la ville de Paris peut-être).
Elle tire des lignes, elle tire un fil de soie (comme à Philadelphie en 1992 au cours d'une performance où Louise enroule un texte de soie de 5,5 m de long) - des lignes qui finissent par mettre en forme une pensée un souvenir, une émotion resurgie de son enfance.
Ce travail est presque une thérapie et nécessaire à l'exultation de son oeuvre.
Allez Louise tu peux dormir tranquille, tu nous as ouvert les yeux!!!