autoportrait
Il y a des gens que vous ne connaissez pas, dont l’existence ne vous préoccupe pas d’avantage et que vous rencontrez au hasard d’un article, d’une revue, d’un regard porté.... simplement.
Ces quelques instants prennent de suite et au fur et à mesure de cette rencontre, de l’importance.
Ce peintre a un nom, Ibrahim Shahda.
Les souvenirs me reviennent alors, une expo dans une ville touristique du sud-ouest de la France, il y a 15 ans peut-être, je ressentais déjà cette peinture avec force, et cette obscurité de l’arrière-plan, ces portraits imposants et douloureux, à la Rembrandt, déchiré , comme en souffrance, d’un mal-être,
peut-être.
Un souvenir intacte et troublant.
Ce peintre sans nom était dans mon esprit, ce peintre je le redécouvre aujourd’hui en 2005.
Meurtri par une maladie depuis 1975, il va prendre conscience d’un sentiment d’urgence, d’une inquiétude aussi.
Ibrahim Shahda peint avec acharnement et s’isole un peu plus, dans sa peinture.
Au poète Casimir PRAT, il déclare « je ne suis pas éternel, je me suis cru intouchable et, à 45 ans, le destin m’a donné un avertissement terrible.
C’est pour cela que je me dépêche et, des que ma santé me le permet, j’essaie de peindre. Que deviendra tout cela ? »
Ibrahim Shahda a croisé un jour la peinture de Rembrandt, de Goya et de bien d’autres comme Bacon, Soutine, etc…Il a su donner à sa peinture, à ses autoportraits, une puissance.
Il a pénétrer le mystère insondable de la condition humaine.
De la ligner des Rustin, Gillet, il marque aujourd’hui la peinture expressionniste par cette force du dépouillement et sa façon à lui de nous faire percevoir l’angoisse de la mort, l’existence de l'homme sur cette terre.
« Je ne souhaite qu’un peu plus de force et un peu moins d’angoisse.
La vie reste tout de même une extraordinaire création, l’homme, la nature et les choses, c’est vraiment étonnant.
Je voudrai dans mon travail percer ce mystère, aller au-delà des apparences.
Je ne sais pas ce que cela vaut sur le plan pictural, je me sens incapable de la situer ou de l’évaluer ».
Ce grand voyageur de la condition humaine s’est éteint en 1991, mais pas sa peinture.
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